Dans la série pédagogique « la sarkologie à la portée de tous », la rédaction de sakosident 2007 vous offre aujourd’hui un premier extrait de l’ouvrage de vulgarisation scientifique du sarkologue.
1ère leçon : l’évolution des espèces
Selon Charles Darwin, l’évolution se fait par sélection naturelle, ce sont les animaux les mieux adaptés à leur milieu qui survivent. Ce sont donc eux qui auront le plus de chance de se reproduire, et donc de transmettre leurs gènes. Un animal qui aurait une anomalie génétique positive aura plus de chance de survie dans un environnement donné et pourra donc la transmettre à toute sa descendance. Cette mutation se diffusera rapidement à toute les nouvelles générations de cette espèce. Le changement évolutif par mutation peut se faire de deux façons : l'anagenèse (une lignée descendante remplace une lignée ancestrale dans la continuité) et la cladogenèse (une lignée ancestrale se scinde en deux lignées descendantes).
S'appuyant sur la théorie de Darwin, Gould et Eldredge ont avancés l'idée, en 1972, que l'évolution des espèces ne se réalisait pas de façon graduelle et continue au cours des temps. Il semble au contraire que l´évolution se fait à travers des périodes ponctuelles d´intense activité évolutive séparées par de longues périodes stagnantes. Il y a donc des transitions rapides entre espèces, sur le mode des «révolutions génétiques». Concernant homo sapiens, c’est le phénomène que nous vivons actuellement.
Vers la fin du XXème siècle, un laboratoire de l’armée américaine spécialisé dans la génétique a mené une série d’expériences dans le but d’adapter homo sapiens au milieu urbain hostile. Il s’est avéré que le mutant représentait un danger pour l’espèce humaine autochtone et les essais ont été interrompus. Cependant, les cobayes n’ont pas été détruits, et quelques uns ont réussi à s’échapper. Homo neoliberalis americanus, puisque tel est son nom, a rapidement colonisé son milieu, faisant preuve de facultés d’adaptation exceptionnelles. Si l'on considère son aire de peuplement et la diversité des climats qu'il supporte, on peut penser qu’à terme, il dominera homo sapiens et le remplacera.
Une variante de cette nouvelle espèce a été fortuitement introduite sur notre continent et elle s’est remarquablement acclimatée. Homo liberalis europeaus est un primate de la famille des hominidés, comme nous. Bien qu’encore instable, son génome ne diffère du notre que de 0,014 %. Cette instabilité a engendré plusieurs sous-espèces, assez proches les unes des autres mais qui se disputent le territoire d’homo sapiens. La plus ancienne encore vivante est giscardus antiquorum. Sa seule descendance connue se nomme bayrus macrocephalus, et madelinus domesticus. Il est à noter que ce dernier est, par chance, incapable de se reproduire. Heureusement pour nous, ces spécimens ont de nombreux prédateurs naturels. Le plus menaçant d’entre eux est chiracus raptor, mais son l’influence paraît décliner. Avant l’extinction complète de son espèce, il a muté en raffarinus horribilis, villepinus colossus et gaymardus vaticanis. Raffarinus horribilis semble s’être mal adapté à son milieu et n’a visiblement aucun avenir. Il a néanmoins causé de nombreux dégâts chez homo sapiens. Quant à gaymardus vaticanis, s’il est très prolifique, son besoin démesuré d’espace vital rend sa cohabitation avec les autres espèces difficile. Son futur n’est pas assuré. Villepinus colossus est celui qui, a priori, conserverait les plus grandes chances de domination, s’il n’avait un dangereux concurrent sur son territoire, un animal aussi féroce que sournois, sarcosyx macaco, qui sera l’objet de notre prochaine leçon.
le sarkologue




